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# Pages et nœuds

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## Découper et nommer

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### La forme suit le poids, et le poids change

Un nœud convient à ce qui porte une affirmation et son argumentation, un élément de liste à ce qui porte une ligne, une cellule à ce qui porte un mot. Un tableau sert à comparer des valeurs le long de ses lignes ; un ensemble d’entités a donc sa place dans des nœuds plutôt que dans ses lignes. Le poids change à mesure qu’un sujet grandit et rétrécit, et les choses franchissent ces limites dans les deux sens : une puce devenue longue de plusieurs paragraphes devient un nœud, une liste devenue trop grande pour le nom qui la coiffe devient des sections, et plusieurs nœuds contenant chacun une phrase deviennent une seule liste.

Une affirmation cachée dans un corps n’a pas d’adresse et n’atteint jamais le plan. Elle se cache dans une amorce en gras, une puce qui court sur plusieurs paragraphes, une ligne de tableau-catalogue ou une seconde affirmation dans le même bloc ; un titre `##` tapé dans un corps revient au même. Elle se cache aussi dans le texte courant, sans aucune marque : une page de sections correctement nommées, sans aucun nœud enfant sous aucune d’elles, contient chacune de ses affirmations à l’intérieur d’un corps, et un lecteur qui parcourt son plan n’en apprend aucune. L’inverse est un titre au-dessus d’une seule phrase, qui dépense une ligne du plan et un écran de blanc pour ce qu’une puce disait.

Les deux défauts se voient de l’extérieur. Sur une page en bon état, chaque affirmation d’un corps a sa ligne dans le plan. Et un corps qui, titre masqué, se lit comme une note de bas de page de son propre titre est un élément de liste.

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### Le titre porte exactement ce que contient le corps

Au niveau h2, le titre nomme une section, par un groupe nominal de quelques mots : le premier niveau se lit comme une table des matières, et une phrase à cet endroit concurrence le titre de la page. Plus bas, le titre énonce l’affirmation et le corps l’argumente ; c’est ce qui permet au lecteur de prendre l’affirmation dans le plan et de n’ouvrir le corps que pour l’argumentation. Un nœud qui regroupe des nœuds enfants nomme une section, à n’importe quelle profondeur.

Les sections donnent leur forme aux affirmations. Sans elles, une page n’est qu’une suite d’énoncés en h2, celle qu’un seul passage d’écriture laisse derrière lui, et ne livre rien qu’à qui la lit en entier.

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### Ce qui mérite une page

Un sujet est une page quand un lecteur y arriverait directement, et un bloc quand il ne signifie rien hors de son parent. Le même critère divise un sujet qui a grandi : au-delà de deux douzaines de lignes de plan, ou de quelques écrans de corps, une page se fait défiler plutôt qu’elle ne se lit, et son sommaire cesse d’être une carte ; une section qui peut s’ouvrir sans contexte devient alors une page à part entière, et les sections qui n’ont de sens qu’à la suite restent plutôt courtes.

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### Une page en exemple

Les titres seuls, tels qu’un lecteur découvre une page :

```
Règles de visa
  Qui en a besoin
    Les ressortissants de l’UE en sont dispensés
    Une escale en transit compte comme une entrée
  Faire la demande
    Le formulaire se dépose uniquement en ligne
    Les frais se règlent au consulat
```

Les deux h2 nomment les sections. Les quatre affirmations en dessous sont ce que contient la page : un lecteur prend donc une affirmation dans le plan et n’ouvre un corps que pour l’argumentation. Sous le troisième titre, le corps l’argumente sans rien redire de ce que le titre disait déjà :

> Les services d’immigration considèrent une correspondance en zone internationale comme une entrée : un voyageur qui change d’avion a donc besoin du même visa que celui qui quitte l’aéroport. La compagnie aérienne le contrôle à l’enregistrement, et c’est là qu’un visa manquant se découvre en général.

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## Navigation

La navigation des pages montre moins que ce que contient l’arbre : elle s’ouvre repliée au premier niveau ; sur une page intérieure, seul le chemin vers la racine est déplié ; sur un téléphone, elle se cache derrière le bouton de menu. Un lien placé dans un corps vers une page située deux niveaux plus bas n’est donc pas une copie de la navigation : pour la plupart des lecteurs, c’est le seul chemin visible pour y arriver.

Un lien a toujours sa place là où le texte courant nomme le sujet, et une page profondément imbriquée reste accessible par ses ancêtres ; ce que l’arbre ne fait pas, c’est placer cette page sous les yeux d’un lecteur qui n’a pas ouvert ces ancêtres.

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### Une page qui a des sous-pages les fait valoir au lieu de les énumérer

La page d’accueil et chaque page qui a des sous-pages s’ouvrent sur ce qui mérite d’être lu plus bas et renvoient vers quelques pages que les lecteurs viennent chercher, même profondes : des liens mis en avant plutôt qu’une copie de l’arbre, que le lecteur a déjà à côté du texte. Une liste de toutes les sous-pages n’a sa place que là où le lecteur doit choisir parmi toutes, comme pour les modes d’installation. Une telle page a ses propres sections plutôt qu’un simple chapeau : sans elles, elle n’a pas de sommaire et paraît inachevée.

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## Ce que le moteur enregistre lui-même

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### Un corps qui redit ce qu’enregistre le moteur se périme

Chaque nœud porte son propre historique, son propre `updated_at`, sa place dans le sommaire et la liste des nœuds qui pointent vers lui. Un corps qui répète l’un de ces éléments se périme dès que quelqu’un modifie la page ou sa structure sans mettre à jour cette phrase, et il induit alors en erreur.

Un corps sain n’en contient donc rien : pas de bloc qui documente sa propre obsolescence, car l’historique contient ce qu’il a remplacé ; pas de mention « vérifié en avril », car elle se périme d’elle-même et ne dit rien de fiable sur l’actualité du contenu ; pas de texte courant qui énumère les sections suivantes, car le sommaire les énumère ; pas de pied de page « retour à X », car les liens entrants figurent déjà sur la page. Ce qui tranche, c’est d’où une phrase tire sa vérité. De l’arbre de cette page, et elle disparaît, car le lecteur voit cet arbre et celui-ci change sans consulter la phrase. Du sujet, et elle reste, même là où son nombre coïncide aujourd’hui avec l’arbre : une année de fondation est du contenu, une date de relecture est une métadonnée, et les trois lois de la robotique restent trois quoi que fasse ce wiki.

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### Comment une référence atteint un nœud

Une référence courte, `page:N` ou `block:N`, pointe vers le nœud et non vers les mots de son titre. Une référence de bloc désigne une affirmation, une référence de page un sujet. Elle ne franchit pas la frontière d’un wiki : un autre wiki s’atteint par son URL et se comporte comme un lien externe, car une référence qui franchirait cette frontière mènerait vers des wikis que le lecteur ne peut pas ouvrir.

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## Links here

- [Compétences Wikilayer](page:69483)

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[All pages](https://wikilayer.org/smee-again/wikilayer-howto/fr/index.md)
